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RESSACS, Une histoire touarĂšgue
đž Un film dâ Intagrist el Ansari
Produit par Prosodie Films & Les Ateliers du Réel
Mauritanie/France/Arabie-Saoudite - 125 min - 2026
“RESSACS, une histoire touarĂšgue” est une quĂȘte personnelle, une transmission gĂ©nĂ©rationnelle. Il sâagit du voyage hiĂ©ratique dâun cinĂ©aste dans la mĂ©moire de son peuple. «Je vais de Nouakchott Ă Tombouctou pour excaver des sables ce quâil te faut savoir de notre histoire ensevelie…». Sous forme dâune lettre intime que le rĂ©alisateur adresse tel un testament Ă son fils, Ă travers notamment, lâhistoire des Kel Ansar - tribu suzeraine dans la rĂ©gion de Tombouctou, dont lâauteur est issu - le film raconte la rĂ©sistance et la culture touarĂšgues. ĂbranlĂ©s par la colonisation, la sĂ©dentarisation, les sĂ©cheresses, les rĂ©bellions et les exils cycliques, les touaregs tentent leur ultime survie.
à la fois témoignage des conflits en cours et récit conté, le film est aussi un voyage existentiel, entre sable et mer, exil et mémoire vivante.
(Synopsis © Prosodie)
đž Cher fils
Lâimage que tu viens de voir de moi a Ă©tĂ© tournĂ©e au camp de MâbĂ©ra
Jâavais quatorze ans Ă lâĂ©poque
Tu vois ma mĂšre Ă lâarriĂšre-plan avec mes deux frĂšres
Nous portons tous les cicatrices de lâexil
Jâai survĂ©cu pourtant et toi tu es lĂ
Tu es la chance et le miracle de mon destin.
Trente ans plus tard, câest de ce mĂȘme camp de rĂ©fugiĂ©s que je tâĂ©cris
Trente ans plus tard, câest la mĂȘme absurde situation que les nĂŽtres
revivent ici
Comme si des flux et reflux nous faisaient incessamment Ă©chouer lĂ
Tout au long de cette confession je te parlerai avec des mots
Parfois avec des silences
Mais câest surtout en pensĂ©es que je mâadresserai Ă toi
Ă partir dâici Ă partir de lĂ
pour te rapporter ce quâil te faut savoir de notre histoire.
Mon fils,
Les peuples passent mais leurs légendes restent
Vives et vivaces
Parfois plus fortes que lâexistence mĂȘme de ceux quâelles exaltent
Les peuples passent leurs légendes restent
Mais, ne pleure jamais mon fils la disparition de notre peuple !
Dans chaque grain de sable trouve ton épopée
Dans chaque souffle du vent entends ta mélopée
Sois lâesprit intrĂ©pide qui transcende les temps
Si les peuples passent
Toi, tu es la trame du passé dans le présent, dans le futur
Tu es la graine semée qui va perpétuer notre destinée
Tu es le testament du secret sacré de la survie.
Lettre au fils
đž Entretien avec Intagrist el Ansari
Par Nadia Meflah, critique de cinéma
Vous ĂȘtes un homme de lettres, vous auriez pu Ă©crire cette histoire. Quelle a Ă©tĂ© cette nĂ©cessitĂ© pour vous, de la raconter au cinĂ©ma ?
Je me suis intĂ©ressĂ© Ă lâimage assez jeune. Je devais avoir huit-neuf ans lorsque jâai eu mon premier choc. Une Ă©quipe de lâInstitut gĂ©ographique national (IGN) Ă©tait venue cartographier dâanciens lacs qui se sont assĂ©chĂ©s dans les annĂ©es 70, Ă lâouest de Tombouctou. Un soir, sur une dune de notre village, Gargando, en face de la maison, ils ont installĂ© un tĂ©lescope, et jâai vu la lune dans le tĂ©lescope. Cette image ne mâa plus jamais quittĂ©. Le rapprochement de cet astre, que je voyais si loin, le soir, dans le campement nomade lors des grandes nuits Ă©toilĂ©es du Sahara, est Ă la base - je pense - de mon intĂ©rĂȘt pour lâimage en gĂ©nĂ©ral et plus tard pour le cinĂ©ma. Puis, quelques mois ou un an plus tard, il y a eu une Ă©quipe de documentaristes français venus tourner un film dans ce village et dans les campements autour, sur la fin du nomadisme. Le film sâintitule «NomadsâLand», je crois. Je me suis intĂ©ressĂ© Ă ce quâils faisaient. Deux ans aprĂšs une rĂ©bellion Ă©clate entre le gouvernement central et des groupes Touaregs. Les populations civiles touarĂšgues pourchassĂ©es Ă lâĂ©poque par lâarmĂ©e malienne se sont massivement exilĂ©es en Mauritanie.
Nous Ă©tions dans des camps de rĂ©fugiĂ©s, câest lĂ que jâai rencontrĂ© HiĂȘn LĂąm Duc, un photographe devenu un ami qui mâa mis son appareil entre les mains, il Ă©tait lĂ avec la premiĂšre Ă©quipe de reporters venus filmer dans le camp en 1992. Câest dâailleurs la seule archive quâon retrouve dans le film. Ă partir de ce camp, je fais mon premier voyage Ă Nouakchott Ă 14 ans, câest Ă ce moment-lĂ que je dĂ©couvre le grand Ă©cran. Je me rappelle : tous les jours nous allions Ă deux sĂ©ances avec ma cousine, nous Ă©tions complĂštement happĂ©s par le cinĂ©ma indien des annĂ©es 90.
Dans la foulĂ©e, je me suis retrouvĂ© un an plus tard en France, au collĂšge Charles de Foucault Ă Lyon oĂč jâai fait partie dâun club photo oĂč nous Ă©tions initiĂ©s au cadrage et au tirage photo.
Beaucoup plus tard, vers 2005, jâai Ă©tĂ© engagĂ© par la Fondation «Hommes de Parole» qui a repris le fonds des archives de lâONG «ĂquiLibre» qui travaillait dans les camps de rĂ©fugiĂ©s Touaregs en 91, pour Ă©tablir une base de donnĂ©es dâimages sur des pays en conflit et sur lâaction humanitaire des annĂ©es 80 et 90.
â merci de diffuser, partager, bien Ă vous
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